Quand quelqu'un la regarde dans les yeux, Christine, qui vit en Allemagne et se présente comme "autiste et handicapée", a l'impression qu'on "regarde au plus profond de [son] être" ; et dans l'ensemble des sons, qu'elle perçoit avec une acuité extrême, son cerveau ne parvient pas à "sélectionner ce qu'[elle veut] écouter". Le monde extérieur représente d'abord pour elle un désordre et un débordement anxiogènes. "Pourquoi est-ce que je ne comprends pas les gens ?", s'est longtemps demandé Charlotte, doctorante à l'université de Toulouse, en essayant sans succès d'imiter des comportements illisibles pour elle afin de se "faire des amis".