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Mythic Quest : la sitcom pour gamers tient-elle ses promesses ?
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Mythic Quest : la sitcom pour gamers tient-elle ses promesses ?

Publié le 17 févr. 2020
par Hugo Clery

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La bande de It’s Always Sunny in Philadelphia s’attaque à l’industrie du jeu vidéo.

Alors que It’s Always Sunny in Philadelphia est devenue la comédie live action la plus longue de l’histoire avec ses 14 saisons, l’équipe créative derrière la série revient avec Mythic Quest: Raven’s Banquet sur Apple TV+. On retrouve en effet à l’écriture le duo Rob McElhenney et Charlie Day, ainsi que Megan Ganz, qui a aussi travaillé sur Philadelphia alors que certains la connaissent pour son travail sur Community. La série raconte les coulisses d’un studio de développement de jeux vidéo, et plus précisément d’un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur (MMORPH) à succès, Mythic Quest. À sa tête, on retrouve le directeur créatif hyper mégalo Ian Grimm (joué par Rob) alors que l’équipe sort sa première extension majeure.

Une première version prometteuse…

Mythic Quest s’inspire en tout cas de cette dernière en proposant une vision humoristique du développement de jeux vidéo. La figure du directeur créatif est directement inspirée de celle du documentaire Playing Hard, qui suivait le développement du jeu Ubisoft For Honor et notamment son directeur de création excentrique, Jason VandenBerghe. Ian Grimm est mégalo au possible, conscient de son aura et s’enivre constamment de son propre génie. Il est assisté d’une ingénieure, Poppy, qui semble être la seule personne saine d’esprit du studio. Car il faut voir l’équipe de bras cassés : l’écrivain raté et complètement alcoolique, le producteur exécutif incompétent ou encore la community manager au bord du burn out. La galerie de personnages (et donc des personnalités) donne des situations très drôles, avec des conflits qui reflètent souvent les vraies tensions qui traversent l’industrie du jeu vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=pMaPCYRPhY0

La série explore globalement cette tension entre création et monétisation, quand le marketing s’insère dans l’idée créative et comment les deux peuvent cohabiter ? C’est d’ailleurs le sujet de tout un épisode (le meilleur de la saison) qui effectue un bond surprenant dans le passé en gardant un lien avec l’intrigue principale. En délaissant l’aspect comédie, la série creuse ses thématiques de façon bien plus intéressante. Mais quand elle veut parler de la représentation de la femme ou encore de la syndicalisation de ses employés, tout est soudainement trop facile. Quand on sait que le studio Ubisoft fait partie des producteurs, on imagine toute la bonne publicité que cela peut leur faire.

… mais qui souffre de quelques bugs

Malheureusement, Mythic Quest livre une vision assez simpliste du développement de jeu vidéo. Évidemment, on reste dans une comédie et non dans un documentaire, mais il est regrettable de voir les scénaristes tordre à ce point la réalité. On a vraiment l’impression de voir les métiers du jeu vidéo représentés à l’aide d’un bref résumé sur Wikipedia plutôt que de voir ce qu’ils impliquent en profondeur à l’instar d’un Silicon Valley. La qualité d’écriture est en dents de scie : alors que certains gags marchent, d’autres tombent complètement à plat en voulant forcer le trait sur un cliché de l’industrie.

Dar Adal ? Mais que fait-il ici ?

Cela n’empêche pas Mythic Quest d’être par moment très drôle et avec une intention de représenter toutes les facettes d’un monde méconnu du grand public. Et même si elle n’échoue pas totalement dans son entreprise, on se demande ce qu’elle aurait pu être quand on repense à ce 5ème épisode, bien au-dessus du lot. Ce qui aurait pu être un habile mélange entre Bandersnatch et Silicon Valley n’arrive finalement pas à trouver sa propre identité.

Notre note : ★★★☆☆

Sommes-nous trop durs avec Mythic Quest ? Dites-nous en commentaire ce que vous en avez pensé !

Les 9 épisodes de Mythic Quest: Raven’s Banquet sont disponibles sur Apple TV+.