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Snowpiercer (Netflix) : lutte des classes après l’apocalypse
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Snowpiercer (Netflix) : lutte des classes après l’apocalypse

Publié le 25 mai 2020
par Hugo Clery

11 Commentaires

La série adaptée du film de Bong Joon-ho vaut-elle le coup d’oeil ?

Le pitch

Sept ans après que le monde soit devenu une vaste étendue glacée, les survivants ont trouvé refuge dans un train en perpétuel mouvement, le Snowpiercer. Composé de 1001 wagons, l’engin fait le tour du globe à toute vitesse. À bord, la guerre des classes, l’injustice sociale et la politique interne sèment le trouble.

Si vous avez aimé : The 100, 12 Monkeys, Timeless, Revolution

Un épisode par semaine tous les lundis sur Netflix
10×45 minutes (durée totale de visionnage : 7 heures et 30 minutes)

La critique

Snowpiercer est enfin là, après 5 ans de development hell : un changement de showrunner plutôt mouvementé, de réalisateurs et enfin de chaîne. On peut dire que la série s’est fait attendre et une telle gestation signifie souvent un produit final inégal, fruit de la vision de multiples scénaristes et réalisateurs. Après le visionnage des 10 épisodes de cette première saison (la deuxième est d’ores et déjà commandée par TNT), Snowpiercer est un divertissement qui peine à trouver ses marques et qui pourtant, nous laisse entrevoir ce qu’elle pourrait être.

Alors que le pilote nous rappelle forcément le début du film de Bong Joon-ho (qui est aussi producteur exécutif de la série), l’histoire prend très vite un tournant notable et franchement décevant. Alors qu’une rébellion des passagers en queue de train se fomente, menée par Andre Layton (Daveed Diggs), la direction du Snowpiercer veut faire appel à ses talents d’ancien détective pour résoudre un meurtre commis dans les wagons de la classe moyenne. Tout comme le roman graphique et le film, la série se veut aussi une histoire de lutte des classes. Cette société de survivants, menée par l’insondable Melanie Cavill (Jennifer Connelly), bénéficie de la solidité de l’oeuvre originelle dans sa conception. En tant que véritable ville en mouvement, on retrouve ainsi toutes les infrastructures et quartiers : le wagon de la fête, celui du troque, de l’agriculture ou encore de l’éducation.

Mais c’est en commençant avec une sombre histoire de meurtre que Snowpiercer commet son premier faux pas. Une intrigue qui se pose en véhicule pour découvrir tous les rapports de force entre les différentes parties du train, mais qui peine franchement à capter l’intérêt. On perd toute la subtilité du film de Bong Joon-ho pour un traitement encore une fois à l’Américaine, se focalisant sur certains personnages manquant de relief au lieu de proposer un véritable discours sur l’essence même de Snowpiercer : la lutte des classes dans un contexte post-apocalyptique. On passe donc la moitié de la saison à ne pas saisir où la série veut nous emmener alors qu’elle semble passer toute opportunité de creuser toutes ces thématiques intéressantes.

Mais ensuite, Snowpiercer prend un chemin différent en se racontant notamment les efforts de rébellion avec des motivations plus claires de la part de ses personnages. C’est notamment le cas de Melanie Cavill, responsable de la conciergerie du train, qui se révèlera au fil des épisodes. Sans pour autant proposer des arcs narratifs renversants, cette seconde moitié de saison embrasse totalement son message politique et la dimension morale de la survie de l’humanité. Jusqu’où aller pour sauver le plus grand nombre ? Et pour quels sacrifices ? La fin de la saison est à cet égard bien plus réjouissante que le début et promet peut-être une seconde partie bien plus convaincante.

Snowpiercer revient à peu près sur les rails après une première moitié franchement insipide. Mais même avec ce constat, la série souffre toujours d’une écriture souvent plate dont la grandiloquence gâche un véritable potentiel qu’on entrevoit dans ces tout derniers épisodes. On croise les doigts pour la deuxième saison.

Commentaires

Maniaki  Dur, j'avais beaucoup aimé le film et j'en attendais beaucoup de la série même si je sais que Netflix et capable de tout. Je regarderai dans tous les cas par curiosité
0 ∙  ∙ Le 25 mai 2020
deathdwarf  Je me suis fait violence pour terminer le 1er épisode mais ce sera clairement sans moi pour la suite. Il n'y a vraiment pas grande chose à chercher dans le scénario de ce pilote mais il y a surtout des scènes de grand n'importe quoi. Cette scène avec le gamin qui oouvre la porte avec la main pendant la "bataille" en est le paroxisme. A oublier rapidement.
0 ∙  ∙ Le 25 mai 2020
kikeo  Faites relire vos articles s’il vous plait car la manière dont ils sont écrits est tellement teintée d’amateurisme post-ado, ça en est repoussant. « L’histoire prend très vite un tournant notable et franchement déceptif ». Ça ne veut rien dire. Déceptif n’est pas un mot.
0 ∙  ∙ Le 26 mai 2020
hitscan Modérateur @kikeo Je prends le point sur le faux ami "déceptif" qui est en effet un mot anglais, mais "amateurisme post-ado" ? Je veux bien que tu éclaires ma lanterne, on reste toujours à l'écoute pour nous améliorer.
0 ∙  ∙ Le 26 mai 2020
misterbgs  @Maniaki Netflix ne fait que diffuser cette série. ils ont juste acquis les droits de diffusion internationaux (hors Chine).
0 ∙  ∙ Le 27 mai 2020
Crashoveride  @kikeo Pourtant déceptif est au Larousse ... Un néologisme n'en reste pas moins un mot utilisable. Le souci c'est qu'il n'est ici pas utilisé à bon escient, car utilisé dans le sens décevant, sens qu'il n'a jamais eu.
0 ∙  ∙ Le 27 mai 2020
Mamat16660  @kikeo http://www.academie-francaise.fr/deceptif : Déceptif, néologisme tiré de l’anglais deceptive, est un faux ami et c’est à tort qu’on lui donne le sens de « décevant ». L’anglais deceptive signifie en effet « trompeur ». Cet adjectif est dérivé de deception, lui-même emprunté de l’ancien français deception, « tromperie ». Dans les textes médiévaux, on rencontrait certes l’adjectif deceptif et ses dérivés, fréquemment associés à des termes comme faux, traistre, pervers, cauteleux, tricheur, etc., mais ce mot est sorti de notre langue depuis plus de cinq siècles.

On se rappellera qu’aujourd’hui déception signifie « désappointement » et non « tromperie », et que le français a à sa disposition des termes comme décevant ou trompeur qui permettent d’éviter tout malentendu.
0 ∙  ∙ Le 27 mai 2020
Grumlours  Sans vouloir jouer le vieux chiant, Snowpiercer c'est une BD à la base, le film est déjà une adaptation. La série en est une autre (ni plus ni moins fidèle d'ailleurs).
A part ça effectivement c'est très "mouais", le film - encore une fois toute pertinence d'adaptation mise à part - était plus direct, plus visuel et plus efficace. A voir où ça nous emmène, mais franchement quand on considère la qualité et pertinence d'adaptation de Westworld, c'est quand même à la traîne. :/
0 ∙  ∙ Le 28 mai 2020
hitscan Modérateur @Grumlours Le projet de série annoncé il y a 5 ans est celui d'une adaptation du film avant tout et non de la BD directement, c'est pour ça que dans le générique, le film est bien cité en premier https://www.hollywoodreporter.com/live-feed/snowpiercer-being-adapted-tv-josh-839122. Cependant, pour l'équipe des VFX et des décors, la BD a été une source d'inspiration (on pense notamment à l'intro du pilote) https://variety.com/2020/artisans/production/vfx-design-teams-snowpiercer-train-1234612720/
0 ∙  ∙ Le 28 mai 2020
walle95  Cette série a été pour moi une grosse déception malgré la présente de l'une de mes actrices préférée. Quelle molesse, quelle prévisibilité ... J'ai arrété au bout de 5/6 épisode, en désespoir de cause.
0 ∙  ∙ Le 4 août 2020