Les 11 derniers jours de Samuel Paty.
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty, mais peu de gens connaissent réellement son histoire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné (décapité) à la sortie de son collège. À la lumière des enquêtes et des procès, ce film revient sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.
Commentaires (5)
On connaît l’histoire mais c’est un film dont on sort pas indemne. Au niveau cinématographique Antoine Reinartz est remarquable comme Emmanuelle Bercot, et la mise en scène particulièrement clinique du film renforce sa force. Mais au delà je retiens quatre choses 1- l’inversion accusatoire du concept d’islamophobie est grave et prégnante qui conduit à rendre les principes de la République et la laïcité contre les religions alors qu’au contraire ils leurs sont favorables. 2- la force des fake-news et des rumeurs qui conduisent à une déformation de la vérité, et la caisse de résonance dramatique des réseaux sociaux 3-L’abandon n’est pas le fait de personnes prise une à une mais celles de procédures opaques, complexes et finalement déshumanisantes. 4-Enfin il y a dans la nature humaine beaucoup de faiblesse et de défaut motivé par la peur pour le collègue qui se désolidarise, par l’appât du gain pour les jeunes qui désigne Samuel Paty, ou par le manque de maturité de jeune.
Je sors du cinéma après être allé voir ce fameux film sur Samuel Paty… et j’en ressors à la fois révolté, bouleversé et profondément troublé par ce long-métrage. On assiste à un engrenage menant à cette mort, à cet assassinat, qui aurait pu être évité à tant de niveaux. Une colère immense naît, non seulement face à ce qu’il s’est passé, mais aussi face aux réactions de certains élèves, et même de professeurs de ce lycée, totalement dépassés par la situation. On y voit une institution qui peine parfois à prendre certaines situations au sérieux, enfermée dans des procédures interminables au lieu d’aller à l’essentiel. Et c’est justement ce qui est alarmant. J’ai aimé ce film parce qu’il montre les choses telles qu’elles se sont déroulées, sans prendre parti. Minute après minute, on voit la situation s’envenimer, cette descente aux enfers devenir inévitable, et c’est extrêmement difficile à regarder. On se dit surtout que cela peut arriver bien plus vite qu’on ne l’imagine, et concerner tout le monde. Un film difficile, marquant, et selon moi nécessaire. Il devrait être montré dans les collèges, parce qu’il ne laisse pas indifférent. Et parfois, c’est justement en marquant les esprits que les choses peuvent évoluer.
Extrêmement poignant. Très scolaire certes, mais on ne vient pas forcément voir ce film pour assister à du pur cinéma, mais clairement pour l'histoire derrière. Et quoi qu'en disent ou pensent certains, l'histoire est ici bien retranscrite. Et quelle tragique, horrible histoire. Ce film n'aurait jamais dû exister, car cette histoire n'aurait jamais dû se produire. Quel bouillonnement intérieur l'on peut ressentir en assistant à ces mensonges impardonnables qui mènent finalement à l'issue que l'on connaît tous. Le pouvoir destructeur des réseaux sociaux en premier lieu. D'un autre côté, les critiques du film sont présentées de manière assez peu subtile, notamment sur l'éducation nationale ou l'administration de manière générale, les renseignements, la police, mais elles ont au moins le mérite d'exister et font partie intégrante de cette affaire, qu'on le veuille ou non. Le titre, lui aussi, est peut-être quelque peu injuste envers ceux qui soutenaient le professeur Paty, car ils étaient là aussi, sans pour autant s'imaginer un seul instant la tournure que les évènements allaient prendre. Difficile de ne pas retenir ces émotions devant un tel acte, si dénué de sens. Samuel Paty restera à jamais gravé dans les livres d'Histoire désormais. Et c'est la seule chose qui compte. 4.5*
Un film poignant que je recommande vivement. On sent la tension du début à la fin