Style et drame s'entremêlent dans cette narration située au sein des coulisses de la maison de mode Ledu, une référence prestigieuse de la haute couture en France. Lorsqu'un scandale ébranle l'entreprise familiale, elle doit réussir à se métamorphoser, sous peine d'être surpassée par ses rivaux.
Dans la nouvelle série très à la mode d’Apple TV+, la Maison Ledu est dépeinte comme une institution parisienne « au même titre que la tour Eiffel ». Emmenée par Vincent, un couturier mondialement connu, et Perle, son mannequin fétiche depuis plus de 25 ans, l’entreprise bascule dans le scandale suite à une vidéo virale dans laquelle Vincent tient des propos racistes. Quelques secondes, dix-sept exactement, qui mettent en péril l’histoire et le futur de la marque qui devient alors l’objet d’une lutte familiale acharnée où la jalousie et les ambitions individuelles vont entraver la nécessité de renouvellement dont aurait besoin la Maison pour survivre.
Côté pile : faste, beauté et luxe. Côté face : trahison, revanche et une volonté de conserver les traditions coûte que coûte dans un environnement en profonde mutation. La Maison, série d’Apple TV+ dont les deux premiers épisodes ont été dévoilés le 20 septembre, oscille entre ces deux perspectives. Un premier versant met en scène Vincent (Lambert Wilson) LE visage de la marque Ledu qui a su protéger et faire grandir l’héritage familial, épaulé par Perle Foster (Amira Casar), son égérie de toujours. Un second dépeint son frère Victor, joué par Pierre Deladonchamps, prêt à vendre ses parts de l'entreprise pour éviter le naufrage, et son neveu Robinson (Antoine Reinartz) qui rêve de renverser son oncle afin de reprendre les rênes de l’entreprise. Entre les deux : un nid de guêpes inextricable où s’affronte une vision classique de la haute couture, alimentée par un Vincent profondément mégalomane qui n’envisage absolument pas de laisser sa position, et par ricochet sa gloire, et une modernité inéluctable, représentée notamment par Paloma Castel (Zita Hanrot), qui pourrait sauver la Maison Ledu. Dans la veine – bien moindre – de Succession, la série française montre combien le fait d’avoir grandi dans une même sphère familiale, avec tout ce que cela entraîne de frustrations et d’injustice, peut donner naissance à la haine viscérale d’un proche. Un amour/haine qui trouve un écho également, à travers le personnage de Diane Rovel (incarnée par une Carole Bouquet impeccable de froideur) figure de proue d’une dynastie, elle aussi, liée au luxe, contemporaine de la Maison Ledu. Ainsi, lors d’une discussion avec Victor, elle avoue sans détour la rancœur toujours très actuelle qu’elle éprouve pour une famille qui l’a « toujours prise de haut ».
Au-delà de ce portrait d’une famille à couteaux tirés, La Maison se fait le porte-drapeau de nouvelles tendances qui ont longtemps été ignorées par un secteur fortement ancré dans un immobilisme, voir un traditionalisme, rassurant : puissance des réseaux sociaux, écologie, fin des entre-soi et ouverture à des talents de plus en plus précoces. Une série, à l’esthétique soignée, au goût raffiné qui fait honneur à la représentation de la mode française dans l’esprit collectif. Et pour entériner la volonté de respecter cette image d’Épinal, la fiction a fait appel à quelques guest de renom comme Olivier Rousteing, Mademoiselle Agnès ou encore Eva Herzigova.
Commentaires (7)
Le ton élitiste/hypocrite/peu scrupuleux/de frustration/luxueux/royaliste de la série décrit bien,selon ma perception,le monde de la mode,de l'opulence,de la haute couture,de cette caste particulière de fortunés.Cependant,ils y ont rajouté une sauce joyeusement perfide qui elle,me convient nettement moins.Grâce à Dieu cet effet se dissipe à partir de la moitié du 4ème jet,même si il en reste quelques pincées.Le fait qu'ils effacent de beaucoup cette touche fait que j'apprécie largement plus cette production apple tv+ à compter de ce moment;les enjeux me collent plus,je suis amateur de cette fiction française maintenant.La performance de Antoine Reinartz est touchante,juste,réelle,il est très puissant dans son rôle.J'ai également bien aimé celle d'Amira Casar et D'Anne Consigny.Sinon,j'peux pas dire que j'ai été sensible aux vêtements présentés,j'pige pas grand chose à cet univers.Par contre,je trouve qu'il y a un problème au sujet du volume de voix,y'a vraiment de très nombreuses fois où je n'entendais pas clairement ce que les individus exprimaient,ça c'était désagréable.J'ai bien affectionné la fin aussi.(3,62,5/5)
2 épisodes de trop, dommage. Presque parfait.
Un peu dubitatif au départ et au final une très bonne série avec un casting réussi.
J'aime bien cette série, une saga familiale typique mais avec des acteurs de hauts niveaux et certains personnages (Robin) attachants. Et puis, Carole Bouquet dans ce rôle ... 💜💜💜
Pas sûr de persévérer plus que 2 épisodes catastrophiques