Fin 2014. Une jeune femme s’effondre, épuisée, sur la place du marché d’Eckhausen. Elle s’appelle Alice Webster et a été enlevée onze ans auparavant dans cette ville de garnison britannique basée en Allemagne. Son retour provoque une onde de choc dans cette petite communauté. Sa famille, après avoir affronté l’épreuve de l’enlèvement, découvre le malaise du retour. L’enquête pour retrouver le kidnappeur progresse rapidement, et Alice semble détenir des indices cruciaux sur le lieu de détention d’une autre jeune fille disparue, Sophie Giroux. La disparition de cette dernière avait fait l’objet d’une enquête menée par l’inspecteur français Julien Baptiste en 2003. Deux ans plus tard, les parents d’Alice, Sam et Gemma, se parlent à peine, et son frère Matthew est devenu un homme violent et renfermé. Julien Baptiste est en Irak, remontant une piste importante sur le kidnappeur des deux jeunes filles.
Avec Save Me, disponible sur arte.tv dès le 27 mars 2026, ARTE met en avant une série britannique en deux saisons qui transforme une enquête pour disparition en quête de rédemption. Créée, écrite et portée par Lennie James, la série suit Nelly Rowe, arrêté par la police et soupçonné d’avoir enlevé Jody, sa fille de 13 ans, alors même qu’il n’a plus de lien avec elle depuis des années. Pour prouver son innocence, il n’a plus qu’une option : la retrouver lui-même.
Sur le papier, Nelly n’a rien du héros traditionnel. Menteur, charmeur, opportuniste, souvent à côté de sa vie, il avance d’abord comme un homme usé, presque pathétique. C’est justement là que Save Me frappe fort : en faisant d’un anti-héros cabossé le centre émotionnel d’un récit sur la culpabilité, la filiation et la possibilité de se racheter. À mesure que l’étau se resserre, la série abandonne le simple whodunit pour plonger dans quelque chose de plus âpre, de plus humain, et parfois de franchement glaçant.
L’autre grande force de la série, c’est son casting. Lennie James, que les sériephiles connaissent aussi pour The Walking Dead et Fear the Walking Dead, compose un personnage inoubliable, à la fois brut, fébrile et obstiné. Face à lui, Suranne Jones, vue notamment dans Vigil, incarne une mère figée par la douleur et la colère. Stephen Graham, que l’on a pu voir dans A Thousand Blows ou Adolescence, apporte une intensité immédiate à Melon, ami de galère aussi trouble qu’attachant.